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Le Sénat bascule à droite : article de F. Vignal (LCP)


senatSénatoriales : la droite reprend le Sénat à la gauche

 François Vignal
Le 28.09.2014 à 19:58
C’était prévisible : l’UMP et le centre ont repris le Sénat à la gauche avec 15 sièges d’avance, selon des chiffres non-définitifs. C’est la conséquence de la défaite des municipales, mais aussi de la réforme territoriale ou des rythmes scolaires. Le FN, avec deux sénateurs, fait son entrée au Sénat. Les regards se tournent vers une autre bataille, celle pour la présidence du Sénat entre Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher.

La parenthèse n’aura duré que trois ans. Le Sénat repasse à droite, au soir des élections sénatoriales. C’est une nouvelle défaite pour François Hollande. La moitié des 348 sénateurs étaient renouvelée. En 2011, la Haute assemblée avait connu une bascule historique à gauche, pour la première fois de son histoire. Cette victoire de la droite n’est pas vraiment une surprise. C’est la conséquence du scrutin municipal de mars dernier, une claque pour la gauche. « Ce soir le Sénat a changé de majorité », s’est réjoui l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin, candidat à la présidence du Sénat. « C’est un Sénat qui retrouve les couleurs de la France, la couleur qui s’est exprimée aux municipales », selon le sénateur UMP Gérard Larcher, lui aussi en lice pour le plateau.

La surprise de la soirée vient de l’extrême droite. Le FN fait son entrée au Sénat, avec l’élection de deux sénateurs, dans le Var et les Bouches-du-Rhône. C’était une possibilité, mais leur élection n’était pas évidente.

Au-delà des municipales perdues, la gauche paie la réforme territoriale, mal perçue chez les élus, la réforme des rythmes scolaires et la baisse des dotations aux collectivités. La rentrée calamiteuse de l’exécutif a fini de doucher les dernier espoirs de la gauche.

Dès les résultats de la mi-journée, dans les départements les moins peuplés, la tendance était bonne pour la droite. Philippe Marini, troisième candidat à la primaire UMP pour la présidence du Sénat, prédit « une belle journée » en arrivant salle des conférences. Les résultats tombent. A gauche, Jean-Pierre Michel, rapporteur PS de la loi sur le mariage des couples de même sexe, est défait en Haute-Saône. « Il paie le mariage pour tous et son sectarisme », selon Eric Doligé, sénateur UMP du Loiret. A l’heure du déjeuner, la droite a repris 7 sièges. La courte avance de 6 sièges qu’avait la gauche depuis sa victoire de 2011 a virtuellement fondu.

En début d’après-midi, l’espoir revient un peu à gauche. Quelques bons résultats arrivent. Le PS conserve ses trois sénateurs en Gironde. Alain Anziani est réélu… de deux voix ! A droite, Roger Karoutchi crie déjà victoire : il prédit « 15 à 18 sièges d’avance ce soir ».

Salle des conférences, une certaine tension se fait sentir à l’heure du thé. Le bruit court que le FN détiendrait un siège, puis deux. Puis l’information est confirmée. Elle est symbolique. Les réactions affluent. A Marseille, Samia Ghali arrive à garder son siège. A 17h30, l’avance pour la droite est de + 13.

Vers 18 heures, Didier Guillaume, président du groupe PS et réélu, fait son entrée. Il calme les ardeurs de la droite. « On nous annonçait une bérézina. A l’heure où je vous parle, il n’y pas de majorité stable pour gouverner le Sénat. La vague bleue n’a pas lieu. Nous avons réussi à atténuer la défaite annoncée », soutient ce proche du président Jean-Pierre Bel, qui ne se représentait pas. Quelques minutes plus tard, un responsable du PS déboule salle des conférences. « Ce n’est pas perdu », assure-t-il, avant de reconnaître une erreur de calcul.

Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine et candidat à la présidence du groupe UMP s’énerve contre les socialistes qui minimisent la portée des résultats. « Si ce n’est pas une vague, je veux bien me faire moine ! Leur défaite est écrasante ».

19h15, les résultats continuent d’arriver. Les tableaux sont maintenant bien remplis. 16 sièges basculent à droite,  à l’UDI, l’autre gagnant de la soirée, on en remporte 8. Les centristes tablaient sur 5 ou 6 sièges de plus.

Le ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, met la défaite sur le dos des divisions. « S’il n’y avait pas eu de division à gauche, on se poserait la question de savoir si le Sénat basculerait vraiment à droite », glisse-t-il. Le sénateur écologiste Ronan Dantec, n’apprécie pas beaucoup la sortie du socialiste : « C’est le PS qui n’a pas voulu d’accord avec les écologistes. Ils se moquent du monde ! » A droite, l’ambiance est plus détendue. Les sourires sont sur les visages. Mais déjà, une autre bataille, celle du plateau, est dans toutes les têtes. Ce sera mercredi prochain.

3 réponses à “Le Sénat bascule à droite : article de F. Vignal (LCP)

  1. Les victoires de l’UDI aujourd’hui, à l’occasion des élections sénatoriales, sont la suite logique des très belles victoires de notre famille politique aux élections municipales. Elles confirment que l’UDI est aujourd’hui la troisième force parlementaire française et que sans elle, l’UMP n’aura pas de majorité absolue au Sénat.
    Ce 28 septembre, l’UMP, l’UDI et les élus étiquetés divers droite totalisent 187 sièges (selon les résultats communiqués à 22h). Le groupe UDI-UC du Sénat s’est ainsi félicité quant à lui de compter « plus de 40 sénateurs », son président François Zochetto y voyant dans un communiqué « une très forte progression ».

    Le groupe UDI-UC comptera plus de 40 sénateurs. Notre groupe observe une très forte progression et nous nous en félicitons. Nous sommes satisfaits de contribuer au changement de majorité.
    Cela a été souligné par Philippe VIGIER.

    Si nous voulons rééquilibrer vers le centre, il faut affirmer cette différence et ne pas se laisser phagocyter ni amalgamer. Le centre emporte des victoires car la population à le sentiment qu’il y a là le ferment d’une nouvelle politique. Si nous laissons croître le sentiment qu’il ne s’agit qu’une posture nous irons droit dans le mur.
    Il faut à la tête du centre un représentant capable de résister aux sirènes, il faut que le centre trouve son VGE 2014

  2. « On » va se féliciter du changement de majorité du Sénat. « On » ferait mieux de s’interroger sur son utilité. De droite ou de gauche, il s’agit d’une institution devenue totalement inutile, machine à retarder « stupidement » les décisions, de toutes façons prises par l’Assemblée, machine à dépenser, à gaspiller, à servir les intérêts de quelques uns qui de droite comme de gauche ne veulent surtout un quelconque changement. Une direction : fusionner Sénat et Conseil Economique et Social, chargé alors de donner un avis sur les projets de loi, réduire le nombre de représentants. Au lieu de taper dans la poche des familles (prime de naissance, congés parentale) pour réduire les dépenses, il serait bien préférable de « taper » dans celle des élus.
    Le Sénat deviendrait alors théâtre national : oui, mais pour de vrai.
    Quand prendra-t-on les bonnes décisions ?

  3. Il semblerait que loin de s’amincir le mille-feuilles tendrait à prendre du poids. Plus on avance plus les réformes annoncées pour limiter le nombre d’élus semblent ressembler à de la poudre de perlimpinpin que les organisateurs de ce cirque nous jettent aux yeux.

    Il ne se passe pas un jour sans que des responsables de tel ou tel parti nous informent de cette volonté de dégraisser. Le peuple en a assez de ces contes de fées qui ne font pas le compte.

    Effectivement qui osera trancher dans le vif? Qui prendra le taureau par les cornes?
    On peut rêver que l’actuel Président n’ayant plus rien à perdre prenne cette décision. Parfois des miracles arrivent, alors espérons…

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