« Urgence attentat » : ce que signifie le passage du plan Vigipirate au niveau maximum


source : https://www.maire-info.com/terrorisme/-urgence-attentat–ce-que-signifie-passage-du-plan-vigipirate-au-niveau-maximum-article-24671

Cela n’était plus arrivé depuis le 11 décembre 2018, jour de l’attentat sur le marché de Noël de Strasbourg (Bas-Rhin), faisant cinq morts et 11 blessés. Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé, jeudi 29 octobre dans la foulée de l’attentat, causant la mort de trois personnes au sein de la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice (Alpes-Maritimes), avoir porté le plan Vigipirate au niveau « Urgence attentat » (lire Maire info du 30 octobre). Il s’agit du troisième niveau mais aussi le plus élevé de ce plan.
Créé en décembre 2016 sous François Hollande, ce troisième niveau d’alerte, explique un document du gouvernement, « peut être mis en place à la suite immédiate d’un attentat ou si un groupe terroriste identifié et non localisé entre en action. Ce niveau est mis en place pour une durée limitée : le temps de la gestion de crise. Il permet notamment d’assurer la mobilisation exceptionnelle de moyens, mais aussi de diffuser des informations susceptibles de protéger les citoyens dans une situation de crise ». 

Des établissements scolaires « particulièrement protégés »
Il associe l’État, les collectivités, les entreprises et les citoyens à une démarche de vigilance, de prévention et de protection contre le risque terroriste. C’est ainsi, que vendredi, le préfet de l’Essonne s’est adressé, par courrier, aux maires du département pour leur demander de « s’assurer de l’efficacité des dispositifs de sûreté mis en œuvre au niveau local, de la mobilisation de vos polices municipales et de vos dispositifs de vidéoprotection ». 
À l’issue du Conseil de défense de vendredi, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a assuré, en effet, que les établissements scolaires « seront particulièrement protégés » ce lundi, journée de rentrée des vacances de la Toussaint mais aussi de l’hommage à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, victime d’un attentat terroriste le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), pour avoir diffusé à ses élèves des caricatures publiées dans Charlie Hebdo
La sécurité sera également renforcée aux abords des lieux de culte de différentes confessions et des cimetières et à proximité des établissements de santé et des services publics. Le nombre de soldats de l’opération Sentinelle patrouillant dans les rues passera, quant à lui, de 3 000 à 7 000. Dès aujourd’hui, 3 500 policiers et gendarmes mobiles ainsi que 3 500 gendarmes réservistes seront mis à la disposition des préfets dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et 120 policiers supplémentaires seront envoyés à Nice. Invité du 20 Heures de TF1 hier soir, Jean Castex a, par ailleurs, annoncé le renforcement des contrôles aux frontières. « Jamais un gouvernement n’avait renforcé autant les effectifs au renseignement », a-t-il souligné de surcroît. Grâce à cette mesure, « près d’un attentat par mois est déjoué ». 

« Les bons réflexes » 
On l’a dit, le niveau « urgence attentat » implique la contribution des maires et des présidents d’intercommunalité. A leur attention, l’AMF, le service d’information du gouvernement (SIG) et le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) avaient élaboré, en mai 2016, un guide pratique pour « préparer leurs établissements et le personnel à réagir au mieux avant l’arrivée des forces de sécurité et durant leur intervention ». Des recommandations, susceptibles de renforcer la protection des installations et des bâtiments municipaux et intercommunaux et celle des rassemblements de personnes, y sont également délivrées. 
Parmi les actions à envisager : « Renforcer la surveillance de la voie publique et des abords des bâtiments municipaux et intercommunaux en liaison, le cas échéant, avec les agents de police municipale, les gardes champêtres et les agents de sécurité privée (abords immédiats uniquement) » ; « partager les plans des bâtiments municipaux et intercommunaux avec le service de police ou l’unité de gendarmerie territorialement compétent(e) » ou « organiser la vigilance pendant le temps scolaire et le temps périscolaire dans le 1er degré et identifier les éventuels travaux de sécurisation à effectuer ».

« Développer sa vigilance »
Le guide invite, par ailleurs, les maires et les présidents d’intercommunalité à « s’organiser en interne » en désignant un « correspondant privilégié », en recensant tous les lieux ou bâtiments communaux et intercommunaux et à sensibiliser les équipes qui y travaillent (« reconnaissances exploratoires », mises en situation, formation au système d’alerte spécifique…). Il convient, enfin, de « développer sa vigilance », notamment celle des agents, « afin de détecter et signaler les comportements suspects (changement de comportement d’un usager du service public) et les situations inhabituelles » à l’instar des « attitudes laissant supposer un repérage », la présence d’un « véhicule stationné à proximité du bâtiment sur un emplacement inapproprié », celle de « sous-traitants, livreurs intervenant en dehors des lieux et des horaires habituels » ou d’un « sac abandonné ou un colis suspect ».

Ludovic Galtier

Télécharger le guide.

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